Habitation: Poilievre qualifie les maires Marchand et Plante «d’incompétents»

Les deux élus répliquent vivement et parlent de «mépris» et de manque de «gros bon sens»

Taïeb Moalla et Stéphanie Martin

2024-01-18T18:26:40Z
2024-01-18T22:15:06Z

Dans un micromessage particulièrement virulent, le chef conservateur, Pierre Poilievre, a qualifié le maire de Québec et la mairesse de Montréal «d’incompétents» et les a accusés de «bloquer des chantiers» de construction. Les deux élus n’ont pas tardé à répliquer, Bruno Marchand dénonçant le «mépris» et la «petite politique» dont fait preuve le politicien.

• À lire aussi: Le chef conservateur critique les maires de Québec et Montréal: «Poilievre a appris le livre de jeu de Trump»

• À lire aussi: Donald Trump incarne-t-il le «gros bon sens» de Pierre Poilievre?

• À lire aussi: Le chef conservateur de passage à Québec: le «gros bon sens» de Pierre Poilievre

C’est du moins ce que M. Poilievre a écrit sur le réseau X (anciennement Twitter) jeudi en début d’après-midi.  

«Chute massive de la construction au Québec, tandis que Trudeau verse des milliards aux maires incompétents, Marchand et Plante, qui bloquent des chantiers. L’argent fédéral pour les Villes sera lié au nombre de maisons et d’appartements bâtis quand je serai PM», a-t-il gazouillé. 

Son micromessage était accompagné d’une citation du spécialiste principal à la Société canadienne d’hypothèques et de logement, Francis Cortellino, selon lequel: «Au Québec, jamais il ne s’est construit si peu de maisons depuis 1955, soit l’année où les données ont commencé à être collectées.»  

Publicité
  • Écoutez la rencontre politique avec Yasmine Abdelfadel et Marc-André Leclerc via QUB :

Vives répliques des maires

Les deux principaux visés ont réagi rapidement. Le maire de Québec, Bruno Marchand, n’a pas mâché ses mots en réplique. «C’est comme ça qu’il traite des politiciens québécois. C’est un témoignage d’un profond mépris envers les politiciens québécois. Pour un homme qui veut être chef d’État, agir ainsi, c’est le contraire. C’est pas du tout le gros bon sens.» 

Il martèle que M. Poilievre ne comprend pas bien les mécanismes qui régissent les transferts de fonds vers les Villes. «On vient dire à François Legault et au gouvernement du Québec qu’on s’en fout des règles établies et qu’on va faire fi de ça. Je ne pense pas que c’est un témoignage d’un homme d’État.»

Pour lui, M. Poilievre est «populiste» et fait de la «petite politique».

Publicité

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a elle aussi rapidement réagi sur X. «Avant de traiter qui que ce soit d’incompétent, M. Poilievre devrait comprendre qu’au Québec, le financement fédéral en habitation ne passe PAS par les Villes. Le “gros bon sens”, c’est aussi de comprendre les mécanismes de financement propres à chaque province», a-t-elle répliqué.

Elle ajoute également qu’un chef doit plutôt tenter de rassembler les gens.

«La crise du logement affecte tout le monde. Dans de telles circonstances, la qualité d’un chef se mesure à sa capacité à rassembler les forces vives pour y faire face», dit-elle sur X. 

«Raccourcis simplistes»

Toujours sur X, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) a vivement réagi en dénonçant «les propos méprisants du chef du Parti conservateur envers Valérie Plante et Bruno Marchand dans un dossier aussi important et complexe».

L’UMQ a invité le chef conservateur à «éviter les raccourcis simplistes et à faire preuve de respect».

Réactions à Ottawa

Justin Trudeau s’est dit « extrêmement déçu de ce qu’il (Pierre Poilievre) a démontré une condescendance et une ignorance par rapport à comment les choses fonctionnent entre le gouvernement fédéral et les provinces ». 

Le premier ministre du Canada juge également « qu’il est grand temps qu’il s’excuse pour son comportement et pour ce qu’il est en train de dire en s’attaquant contre des élus au Québec ». 

De son côté, le chef du NPD, Jagmeet Singh, a qualifié la sortie du chef conservateur de «complètement inacceptable». 

D’après lui, «ce n’est pas digne d’un leader ou d’un futur premier ministre.» 

«Nous pouvons être en désaccord sur des enjeux et manifester ce désaccord de façon respectueuse. J’espère que Pierre Poilievre comprendra qu'au Québec ce type de langage ne passe pas et qu'il doit s'excuser».

-Avec la collaboration de Guillaume St-Pierre

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Publicité