Les républicains sont fâchés de se faire traiter de «bizarres»


Andrea Lubeck
«Ce sont des gens bizarres.» Les républicains n'en peuvent plus de cette insulte lancée par le gouverneur démocrate du Minnesota, Tim Walz, qui vient d'être désigné colistier de Kamala Harris en vue de l'élection présidentielle américaine.
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Depuis des semaines, Walz qualifie l’ex-président américain Donald Trump et son colistier J.D. Vance de «bizarres» lorsqu'il fait des apparitions publiques.
Pour illustrer la division qui règnerait au sud de la frontière, Tim Walz a affirmé que les gens «ne peuvent même plus aller dans un souper de l’Action de grâce avec [leur] oncle parce qu’[ils] se retrouvent dans une chicane bizarre et inutile». «C’est vrai: ces gens (les politiciens républicains) sont juste bizarres», a-t-il dit en juillet.
«Ce sont des gens bizarres de l’autre côté. Ils veulent enlever des livres, ils veulent être dans votre salle d’examen, [...] ce sont des idées bizarres», a-t-il lancé dans une autre entrevue télé.

Parmi ces idées qualifiées de bizarres, il y a celle de J.D. Vance qui voudrait restreindre encore davantage l’accès à l'avortement ou encore celle encourageant les partisans de la droite à faire la guerre aux personnes qui ne veulent pas d’enfants.

Donald Trump n’y échappe pas non plus, ayant été qualifié de bizarre par Tim Walz après avoir affirmé que le personnage fictif d’Hannibal Lecter est «un homme adorable» durant un discours.
Une insulte accrocheuse
Depuis, le camp démocrate a adopté le terme pour disqualifier leurs adversaires. Le terme «bizarre» se retrouve même dans plus d’une quinzaine de publications sur X du compte officiel de la campagne de Kamala Harris, selon un décompte de NBC.
Plusieurs analystes américains affirment d’ailleurs que l’aspect accrocheur de l’insulte a fait pencher la balance en faveur de Walz pour la nomination au poste de candidat à la vice-présidence chez les démocrates.
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L’insulte aurait également réussi à atteindre sa cible.
Les républicains en sont tellement irrités que même Donald Trump a ressenti le besoin de renchérir, affirmant que ce sont plutôt les démocrates qui sont «bizarres».
«Personne ne m’a jamais appelé bizarre. Je suis beaucoup de choses, mais bizarre n’en est pas une. Et je suis direct. Et J.D. Vance, je vous le dit, il ne l’est pas. C’est eux (les démocrates) qui le sont», a-t-il affirmé dans un balado conservateur.
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«Nous ne sommes pas des gens bizarres. En fait, nous sommes tout le contraire», a ajouté Trump.
Des républicains ont d'ailleurs commencé à utiliser le terme contre Kamala Harris, mais aussi contre les membres de la communauté LGBTQ+.
— Avec des informations de Rolling Stone, Politico, Mother Jones, The Guardian et NBC