Locataires, propriétaires, RPA: Georges Pothier vous explique à quoi vous devez vous attendre en 2026
Équipe Salut Bonjour et Georges Pothier
Alors qu’en 2025 on avait atteint un sommet inégalé avec une hausse des loyers proposée de 5,9%, la suggestion fait par le TAL à la mi-janvier s’arrête cette fois-ci à 3,1% pour 2026.
• À lire aussi: Voici l'aliment le plus efficace pour combattre le feu d'un aliment trop piquant (et non ce n'est pas le lait ou le pain)
• À lire aussi: Journée nationale de la sauce piquante: 12 recettes pour ceux qui aiment (un peu trop) manger piquant
• À lire aussi: Vol d'identité; le Canada serait considéré comme une plaque tournante en vol de données
Revoyez la chronique complète dans la vidéo en tête de cet article.
Rappelons-le: 3,1%, c’est l’augmentation moyenne suggérée par le TAL qui est basée sur une nouvelle méthode de calcul. Ça s’applique aux baux qui seront signés à partir du 2 avril pour la prochaine année.
La recommandation du TAL
Le 3,1% pour 2026 s’applique aux logements n’ayant pas subi de rénovations majeures.
La hausse suggérée du TAL demeure une recommandation. Il est possible que votre propriétaire propose une hausse plus élevée, ou plus basse, c’est à sa discrétion.
D’ailleurs, le locataire et le propriétaire peuvent négocier la hausse soumise – cela est même recommandé – avant de refuser une augmentation. Le locataire a toujours le droit de refuser l’augmentation qui lui est soumise et de rester dans son logement jusqu’à ce que le TAL ait tranché.
Autre nouveauté: une nouvelle grille de calcul a été instaurée pour les résidences privées pour aînés (RPA). Cette nouvelle grille tient compte du loyer de la chambre ainsi que des services offerts. Pour 2026, le TAL suggère une augmentation globale de 6,7%.
Nouveau mode de calcul
De nouvelles règles ont été adoptées en décembre au TAL. C’est la réforme la plus importante en matière de réglementation des loyers depuis 1981, au Québec.
La nouvelle formule est beaucoup plus simple: il y a quatre indicateurs à considérer dans le calcul, plutôt que 13 auparavant. L’idée générale est de suivre de très près la moyenne de l’inflation des trois dernières années au Québec.
On considère donc l’indice des prix à la consommation (IPC), les dépenses d’immobilisation, l’augmentation des taxes municipales et scolaires et celle des primes d’assurance.
En fonction de l’ancienne méthode, le taux d’ajustement de loyer publié par le TAL en janvier 2025 était de 5,9%, le plus élevé en 30 ans. Si le nouveau calcul avait plutôt été appliqué, la hausse pour 2025 aurait été de 4,5%.
Un exemple concret
Concrètement, à combien s’élève cette augmentation? À Montréal, le loyer moyen pour un appartement de deux chambres est de 1346$ par mois, selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement. Avec la nouvelle hausse, ce loyer mensuel pourrait augmenter de 41,73$ et atteindre 1387,73$. Annuellement, ce serait donc 500$ de moins dans les poches des locataires.
Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec estime que la nouvelle méthode de calcul avantage trop les propriétaires qui, eux, disent aimer la simplicité de la nouvelle méthode.
La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) souligne d’ailleurs que le marché devrait limiter les hausses parce que l’immigration est en baisse et qu’il y a beaucoup de nouveaux logements sur le marché locatif.
Pendant ce temps en Ontario, la hausse des loyers est plafonnée à 2,1% pour 2026. Elle ne peut pas dépasser 2,5% depuis 2012!
Et les taux d’intérêt?
Les économistes s’entendent pour dire que notre économie sera fragile en 2026. Le taux directeur de la Banque du Canada est à 2,25% présentement. Pour l’instant, la plupart des experts estiment que les taux d’intérêt vont demeurer stables en 2026 après les baisses de 2025.
Certains pensent toutefois que la Banque du Canada pourrait hausser légèrement son taux directeur vers la fin de 2026 ou au début de 2027, probablement autour de 2,75%, ce qui serait un taux neutre (qui ne stimule pas et ne ralentit pas l’économie).
Pour le marché immobilier, on s’attend pour 2026 à un ralentissement de la croissance. Les prix des maisons vont continuer à monter, mais moins vite.
Et parce que l’offre est encore bien inférieure à la demande, Desjardins s’attend à ce que les niveaux d’inabordabilité de l’habitation continuent d’atteindre des sommets. En 10 ans, le prix médian des unifamiliales a doublé alors que pendant la même période les revenus des ménages n’ont augmenté que de 15% à 25%. Pour 2026, Royal Leage prévoit des hausses de 7% à 8% pour les maisons unifamiliales et de 3% pour les condos.