Maximalisme: voici comment s'initier à LA tendance mode de 2026

Amélie Hubert-Rouleau

2026-02-01T11:55:00Z

On le prédit déjà: le maximalisme sera l’une des grandes tendances de 2026. Pour saisir toute la richesse de cette esthétique audacieuse, nous avons tendu le micro à des créateurs et créatrices qui en font leur terrain de jeu.

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1. Tristan Réhel, artiste visuel et designer de mode

Qu’est-ce qui vous inspire dans le maximalisme?

Ce qui m’attire dans le maximalisme, c’est la possibilité de jouer avec la mode d’une manière profondément authentique. C’est une façon de voir les vêtements sous un angle unique. Même si l’on met 10 personnes dans une pièce avec les mêmes vêtements, en leur disant de faire un look maximaliste, personne n’arrivera au même résultat. Et c’est exactement cette authenticité que j’aime dans cette tendance. Le maximalisme, selon moi, est une façon de jouer avec la mode, de ne pas la prendre trop au sérieux. Parfois, je me considère plutôt du côté introverti, et j’ai remarqué que le maximalisme, autant dans mes créations que mon style personnel, m’aide à briser la glace dans un contexte social.

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Avez-vous une pièce ou un look qui illustre parfaitement ce style?

Quand on me parle de maximalisme dans mes créations, la première pièce qui me vient en tête est ma robe à rubans multicolores. Je la considère un peu comme ma création emblématique de «Tristan Réhel». C’est le mélange parfait de couleurs, de textures et d’abondance que l’on retrouve dans le maximalisme. Je trouve cette pièce intéressante parce qu’elle a été utilisée dans différents contextes: durant mon défilé de mode à Toronto, lors de plusieurs séances photos et sur un tapis rouge pour un gala. Elle a également été portée par des drag queens, des vedettes à la télé, etc. Ça me fascine toujours de voir toutes les vies qu’une pièce comme celle-là peut avoir.

Courtoisie Tristan Réhel
Courtoisie Tristan Réhel

Voyez-vous le maximalisme comme une tendance durable ou cyclique?

Une tendance durable, absolument. C’est un style qui mélange souvent le surcyclage, le seconde main et parfois des pièces de designer. Comme le maximalisme ne suit aucune tendance, on ne change pas la garde-robe chaque saison; l’espérance de vie des vêtements est plus longue.

Quels créateurs ou marques vous inspirent dans ce mouvement?

Je pense immédiatement à la créatrice de contenu de Toronto, Sara Camposarcone, avec qui j’ai collaboré à plusieurs reprises. Depuis quelques années, c’est LA porte-parole du maximalisme sur les réseaux sociaux. Elle mélange designers émergents, marques de luxe, seconde-main et DIY avec un regard tellement singulier. Ce que j’aime particulièrement chez Sara, c’est qu’elle montre à un grand public comment embrasser pleinement qui l’on est, sans filtre. Elle transmet le message que la mode peut être fun, libératrice et authentique. Deux designers me viennent aussi en tête pour des raisons différentes. Richard Quinn d’abord, pour ces premières collections. À ses débuts en 2018, il créait des looks imprimés floraux de la tête aux pieds. Tout était dans le même motif, du chapeau au bas-collant. Ce qui est intéressant, c’est que l’ensemble peut sembler «too much» a priori pour certains. Mais en séparant les pièces, chacune d’elle devient plus commerciale, plus accessible. Le deuxième designer qui m’inspire est Charles Jeffrey Loverboy. Il tire son inspiration de la culture queer et club kid, dans laquelle la théâtralité est mise de l’avant. Il transpose cette théâtralité dans l’exubérance des motifs, des accessoires et des pièces. Il démontre que les vêtements peuvent raconter une histoire.

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Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut adopter le maximalisme?

Je commencerais à petite échelle; avec un accessoire, par exemple. Ça peut être un sac à main coloré, des bijoux ou un soulier qui nous sort de notre zone de confort. On essaie quelque chose de nouveau, progressivement. Par la suite, je dirais que c’est important de s’habiller pour soi, de ne pas penser à ce que les gens penseront de notre look. Ce qui est bien du maximalisme, c’est le processus d’essais-erreurs. Ça nous permet d’essayer des agencements de couleurs et de styles qui, parfois, ne fonctionnent pas. Dans ces cas-là, on se dit qu’au moins, on a essayé.

2. Gerardine Jeune, alias Mlle Geri, styliste et designer de costumes

Courtoisie Mlle Geri
Courtoisie Mlle Geri

Qu’est-ce qui vous inspire dans le maximalisme?

Le chaos intentionnel. (rire) J’aime que les gens osent et s’expriment! Je remarque que les gens se demandent souvent: «Est-ce que je peux porter ça? Est-ce que ça va ensemble?» Le maximalisme nous donne la permission de le faire.

Avez-vous une pièce ou un look qui illustre parfaitement ce style?

Je pense au look de Gucci, porté par Tracee Ellis Ross. Je l’ai vu de près au musée Gucci, en Italie, et wow! Quel ensemble! Un top bleu poudre aux épaules exagérément larges, avec une jupe rouge et des bottes à carreaux... Le mélange de couleurs et de textures est sublime! Ça me fait penser à mon époque, les années 1980. J’adore!

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Courtoisie de Mlle Geri
Courtoisie de Mlle Geri

Voyez-vous le maximalisme comme une tendance durable ou cyclique?

Ce que je vais dire ne va pas plaire à tout le monde, mais le maximalisme est une tendance cyclique pour les «suiveux», et durable pour ceux qui s’habillent déjà comme ça. Moi, j’étais maximaliste avant même que ce soit à la mode. C’est déjà ma façon de penser en tant que styliste; quand tu m’appelles, c’est que tu es prête à oser. C’est cool de voir plus d’imprimés et de coupes différentes dans les boutiques. Pour mes clientes qui aiment suivre les tendances, ce sera plus facile de les encourager à oser.

Quels créateurs ou marques vous inspirent dans ce mouvement?

J’aime les marques qui ne suivent pas de tendances (Etro, Balmain, JUNN.J, Schiaparelli). Du côté des créatrices de contenu, @Dorian.who est très créative et inspirante. Pour un look plus accessible, j’aime @greceghanem. Elle est elle-même: légère et audacieuse!

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut adopter le maximalisme?

De suivre les gens qui ont un style qui leur parle. Dans la vie de tous les jours, je suggère de commencer vers le bas pour ajouter un imprimé ou de la couleur avec une chaussure funky, des chaussettes ou même des bas collants. Il y a plusieurs façons d’introduire tranquillement cette tendance dans sa garde-robe. J’aime aussi aller en friperie, car ces boutiques ne suivent pas les tendances. On risque donc d’y trouver une pièce forte, comme un manteau ou une veste excentrique, qui pourra nous inspirer pour la suite.

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3. Emilia Fart, artiste et youtubeuse

Courtoisie Emilia Fart
Courtoisie Emilia Fart

Qu’est-ce qui vous inspire dans le maximalisme?

Je veux que mon expression visuelle soit sans limites, qu’aucun concept ne soit trop extravagant ou absurde. Je veux traduire le sentiment calme et constant que je ressens profondément en moi, et qui se manifeste par plusieurs couches de tulle et des formes capillaires intéressantes.

Avez-vous une pièce ou un look qui illustre parfaitement ce style?

Je dirais tout ce qui passe par le sens du jeu.

Voyez-vous le maximalisme comme une tendance durable ou cyclique?

Je pense que suivre son cœur est une bataille éternelle. Si le fait de s’habiller de manière excentrique nous rend heureux, je pense qu’on continuera de le faire.

Quels créateurs ou marques vous inspirent dans ce mouvement?

Parfois, je me sens un peu insécure, parce que mon inspiration vient généralement plus de l’intérieur que de l’extérieur. Je me demande si je devrais me remplir la tête d’informations pour être légitime... Pour l’instant, je m’inspire de Fifi Brindacier et des triangles.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut adopter le maximalisme?

Donnez-vous la permission de suivre votre imagination. Votre douce âme mérite la plus grande liberté!

4. Jessica Prudencio, créatrice de contenu et animatrice de balados

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Courtoisie Jessica Prudencio
Courtoisie Jessica Prudencio

Qu’est-ce qui vous inspire dans le maximalisme?

J’aime porter des vêtements colorés et vibrants. Visuellement, je trouve ça intéressant et ça aide vraiment à mettre de la joie et de la créativité dans ma journée. En tant que femme vivant dans un corps gros, j’en ai assez des injonctions qui nous font croire qu’on est voué.e.s à porter des vêtements noirs ou qui cachent notre corps. Le maximalisme, c’est une manière comme une autre d’adorer son corps. Et puis, je trouve que de choisir le dopamine dressing (ou les vêtements colorés/punk), c’est un acte de résistance envers ce monde de plus en plus beige, gris et qui force l’uniformité et la neutralité.

Avez-vous une pièce ou un look qui illustre parfaitement ce style?

Ma paire de pantalons préférée! C’est une collaboration limitée avec une artiste de la marque inclusive Wray, qui ferme malheureusement ses portes. Si je n’ai pas le temps de réfléchir à un look, je mets ces pantalons. Si j’ai envie d’avoir une bonne journée, je mets ces pantalons. Si j’ai envie de me sentir à l’aise et confiante, je mets ces pantalons. Ils sont funky, colorés, remplis de motifs et me valent toujours des compliments dans la rue!

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Voyez-vous le maximalisme comme une tendance durable ou cyclique?

Pour moi, ce n’est pas une tendance, c’est culturel. Chez nous, au Bénin, en Afrique de l’Ouest, on porte des pagnes colorés et du wax. Au Congo, il y a la sapologie, et partout sur le continent africain, on retrouve de riches traditions textiles et un style qui pourraient être considérés comme éclectiques ou maximalistes. D’ailleurs, l’expo Afrique Mode, au Musée McCord, était incroyable!

Quels créateurs ou marques vous inspirent dans ce mouvement?

Sur Instagram, j’aime beaucoup @sativadiva1997, @carlitalandrum, @polychrom3, @he llo_darl ing_co (designer) et @aliyahsinterlude.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut adopter le maximalisme?

Je leur dirais de commencer avec ce qu’ils ont déjà dans leur garde-robe. On ne peut pas changer de style du jour au lendemain – ce n’est ni réaliste ni durable! Par contre, on peut toujours expérimenter avec les choses qu’on possède déjà. On essaie le layering, des combinaisons qu’on n’aurait jamais tentées auparavant et on met plus de bijoux ou d’accessoires que d’habitude.

Les trucs de la rédac’

  • Comme évoqué ailleurs dans cet article, une excellente façon de s’initier au maximalisme est de miser sur nos accessoires. Pourquoi ne pas choisir un sac à la forme originale? D’autres options seraient d’ajouter à notre tenue un collier statement, un collant de fantaisie, de longs gants colorés ou un foulard aux motifs amusants.
  • Quand on pense au maximalisme, on a tendance à songer d’abord aux combinaisons de couleurs vitaminées et contrastées, mais on peut aussi choisir d’associer différentes matières ou textures ensemble: du cuir avec des plumes, des paillettes avec du denim, de la fausse fourrure et de la dentelle, etc. Le tout créera un relief vraiment intéressant!
  • Pour combiner des motifs et s’assurer de rendre le tout visuellement attrayant, on les choisit de différentes grosseurs; que ce soient divers imprimés animaliers, des pois ou des fleurs de différentes échelles.
  • On n’hésite pas à assembler des morceaux qui font référence à différentes époques: un veston à épaulettes des années 1980 avec des pantalons évasés boho façon seventies, par exemple. On peut aussi jouer avec les coupes et les styles: streetwear et preppy, élégant et bohème, rétro et athleisure. Ça amène une tension intéressante dans notre tenue. Évidemment, le but dans tout ça, c’est d’avoir du plaisir!

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