La Malaisie multiethnique, paradis de la bouffe de rue


Stéphan Dussault
De la vie trépidante entre les gratte-ciel de Kuala Lumpur au calme des plages de Langkawi en passant par la mignonne ville portuaire de Malacca, il y en a pour tous les goûts en Malaisie.
• À lire aussi: Voici 5 endroits du sud-ouest de la Malaisie qui nous ont charmés
• À lire aussi: Voici 5 plats à essayer en Malaisie
Ce huitième voyage en Asie a étonnamment été celui où le choc culturel a été le plus grand. Parce que la Malaisie contraste avec ses voisins vietnamiens et thaïs par son caractère très multiethnique.
Ici, à peine la moitié de la population est malaise. Le reste? Plus de 20% sont d’origine chinoise et près de 10% indienne. Ce sont des Malais arrivés il y a plusieurs générations, mais ça donne une couleur toute particulière aux villes, qui ont à peu près toutes un important quartier chinois et indien.
Une des grandes beautés de cette multiethnicité est l’offre alimentaire. Un poulet tikka massala ici, un char kway teow là (nouilles frites), tellement fréquent qu’on en oublie son origine chinoise, jusqu’à la fameuse soupe laksa: manger en Malaisie, c’est visiter une multitude de cultures.

Et si la bouffe de rue est très fréquente en Asie, elle atteint des niveaux inégalés ici, avec les chaises rouges en plastique qu’on finit par oublier dans les rues tellement elles sont omniprésentes.
Architecture et religion
Le fait que le pays a été aux mains des Portugais, puis des Hollandais, des Britanniques et brièvement du Japon durant la Deuxième Guerre mondiale, avant d’être finalement cédé à la Malaisie en 1957, donne une couleur architecturale encore très perceptible dans des villes comme Malacca et George Town.

La religion, majoritairement musulmane, est omniprésente et donne un cachet qu’on ne retrouve pas chez ses voisins, mis à part l’Indonésie. L’appel à la prière du matin vous le rappellera tous les jours!
Il n’est pas rare, dans les plus grandes villes, de croiser une mosquée, un temple et une église à quelques minutes de marche les uns des autres.

Chaud, vous dites?
En Malaisie, la chaleur, doublée d’une humidité constante, peut être accablante.
Pour ne pas trop en souffrir, il faut prendre son temps. S’arrêter boire un thé, s’offrir un massage et marcher lentement permet de bien la tolérer.

Et si votre budget vous le permet, s’offrir un hôtel avec une piscine casse admirablement bien la journée.
Deux pays en un
La Malaisie est divisée en deux grandes régions séparées par la mer de Chine. Pour vous donner une meilleure idée de la distance, le vol entre les aéroports principaux de la partie ouest plus urbanisée (Kuala Lumpur) et la partie est plus sauvage (Kota Kinabalu) est de... 2h30.
S’il pleut souvent, la mousson ou saison des pluies peut être rude. Plusieurs sites de voyage conseillent d’ailleurs de ne pas se rendre dans la partie orientale entre octobre et mars. Étant donné que nous avons séjourné en Malaisie en janvier et février, nous n’avons donc pas pu visiter ce petit paradis de la nature.
Cette période de fortes pluies inclut aussi le nord de la partie occidentale, comme les magnifiques îles Perhentian et Tioman.
En général, la moitié de la Malaisie est épargnée par les fortes pluies, donc il est toujours possible d’y trouver son compte en faisant les bons choix.

Notre budget pour 25 jours
Nous avons le plus souvent mangé dans la rue, mais nous nous sommes offert de très bons hôtels. Notez que l’alcool, très taxé dans ce pays musulman, compte pour la moitié des frais d’alimentation! Prix pour deux personnes.
- Vols aller-retour (Air Canada) : 3517$
- Hébergements (moyenne: 80$/jour) :1837$
- Alimentation (moyenne: 42$/jour) : 997$
- Transports sur place (avions et bus) : 602$
- Autres (musées, massages, cadeaux) : 611$
- Total : 7164$

Bon à savoir avant de partir
Visa : Pas nécessaire pour une visite de moins de trois mois.
Internet : Une carte sim avec un bon réseau et un numéro local coûte environ 15$ pour un mois
Quand y aller
Partie ouest (Kuala Lumpur)

Octobre à avril
Partie est (Sabah)

Mars à octobre
Le reste du temps, c’est la saison des pluies, au point où plusieurs hôtels ferment.
Température
Humide et stable toute l’année, entre 26°C et 29°C.
Se rendre
Temps de voyage : Au moins 23 heures. C’est le bout qu’il faut endurer: dans notre cas, 13h30 de vol entre Montréal et Tokyo (on a visionné cinq films), puis 7h30 vers la capitale Kuala Lumpur.
Prix des vols aller-retour : Plus de 1500$
Décalage horaire : 13 heures. En plus du voyage éreintant, mieux vaut prendre ça mollo au début et ne pas prévoir trop d’activités.
Se loger
Un peu plus coûteux que les pays d’Asie visités (Vietnam, Thaïlande, Cambodge, Chine et Japon). Pour 50$ la nuit, vous aurez quelque chose de très bien, avec la clim.
Pour 80$ à 100$, attendez-vous le plus souvent à un service 4 étoiles... et une piscine à débordement au 45e étage.

Se déplacer
Vols intérieurs, bus et trains sont faciles et économiques.
Mais songez à réserver à l’avance certains trajets. Notre vol Langkawi/Kuala Lumpur est passé de 60$ à 100$ en 24 heures. Et nous n’avons pu profiter du voyage en train d’Ipoh à Penang, faute de place.
L’application RedBus est efficace pour réserver en ligne des autobus.
Argent
Monnaie locale

Le ringgit (MYR)
Comptez environ 3 ringgits pour 1 $
Carte ou portefeuille du téléphone
Le paiement par carte de crédit, physique ou intégrée au téléphone, est plus répandu que dans plusieurs pays d’Asie. Pour limiter les frais de transaction par carte de crédit/débit, nous avons le plus souvent payé avec une carte Wise (une banque britannique qui permet le transfert instantané de devises à faible taux).
Banques islamiques
Ces banques interdisent les frais. Elles sont très nombreuses en Malaisie. Les privilégier diminue la facture. Les principales sont BIMB, Maybank, CIMB et RHB.
Mort au 4

Bien des hôtels ne comptent aucun étage avec le chiffre 4. C’est que sa prononciation s’apparente au mot «mourir» en mandarin. On évite ainsi de faire peur aux clients superstitieux. Ajoutez ceux qui enlèvent le 13e étage pour une superstition qu’on connaît davantage ici, et ça fait bien des étages en moins, comme dans cet ascenseur de George Town.